Orientation scolaire face à l’IA : choisir ses études sans céder à la peur

Orientation scolaire face à l’IA : au moment de choisir leurs études, de nombreux jeunes se demandent désormais si le métier qui les attire existera encore lorsqu’ils entreront sur le marché du travail.

Cette inquiétude est compréhensible. L’intelligence artificielle transforme déjà de nombreuses professions, automatise certaines tâches et fait apparaître de nouvelles compétences. Mais elle ne permet pas de prédire avec certitude quels métiers disparaîtront, lesquels résisteront et comment ils évolueront dans les prochaines années.

Face à cette incertitude, l’objectif n’est pas de chercher un métier garanti pour toute une vie. Il est d’aider le jeune à construire un projet suffisamment solide pour lui donner une direction, mais aussi suffisamment ouvert pour évoluer avec lui et avec le monde.

« Est-ce que ce métier existera encore quand j’aurai terminé mes études ? »

Cette question revient de plus en plus souvent chez les étudiants, mais aussi chez leurs parents. Alors, comment choisir une formation sans céder à la peur ? Quels critères prendre en compte ? Et comment se préparer à un avenir professionnel que personne ne peut encore prévoir précisément ?

orientation scolaire face à l’IA

L’intelligence artificielle va-t-elle vraiment supprimer des métiers ?

Lorsqu’on parle de l’avenir du travail, les titres les plus alarmistes sont souvent ceux qui attirent le plus l’attention : « Les métiers qui vont disparaître », « Les emplois remplacés par l’IA » ou « Les professions qui n’auront bientôt plus d’avenir ».

La réalité est plus complexe.

L’intelligence artificielle peut déjà réaliser certaines tâches répétitives, analyser rapidement de grandes quantités d’informations, rédiger une première version d’un texte ou produire des images. Elle peut aussi aider un professionnel à gagner du temps et à améliorer certaines parties de son travail.

Cela ne signifie pas automatiquement que le métier entier disparaît.

Cette nuance est importante. Selon l’étude 2025 de l’Organisation internationale du travail sur l’IA générative et l’emploi, l’exposition à l’intelligence artificielle devrait plus souvent entraîner une transformation des emplois que leur remplacement complet.

Un juriste ne fait pas que rechercher des textes. Un enseignant ne se contente pas de transmettre des informations. Un graphiste ne fait pas qu’exécuter une commande. Un psychologue, un médecin ou un coach ne travaillent pas uniquement à partir de données.

Dans de nombreuses professions, l’IA modifiera surtout la répartition des tâches. Certaines seront automatisées, tandis que d’autres prendront davantage d’importance : comprendre une situation, faire preuve de jugement, créer une relation de confiance, prendre une décision, s’adapter à une personne réelle ou assumer une responsabilité.

La bonne question n’est donc pas seulement :

« Ce métier va-t-il disparaître ? »

Elle devient plutôt :

« Comment ce métier risque-t-il d’évoluer et quelle valeur humaine y restera essentielle ? »

Faut-il abandonner un projet à cause de l’IA ?

Un jeune qui rêve de devenir journaliste, architecte, avocat, informaticien ou professionnel de la communication ne devrait pas abandonner immédiatement cette piste parce qu’un article affirme que l’IA va transformer ce domaine.

Il doit cependant approfondir sa réflexion.

Quelles sont les tâches principales de ce métier ? Lesquelles pourraient être automatisées ? Les professionnels utilisent-ils déjà l’intelligence artificielle ? Quelles nouvelles compétences apparaissent dans le secteur ? Quelles responsabilités resteront difficiles à déléguer à une machine ?

Ces questions permettent de passer d’une peur générale à une réflexion plus concrète.

Un secteur qui évolue n’est pas nécessairement un secteur sans avenir. Il peut même offrir de nouvelles possibilités aux personnes capables de comprendre les changements, d’utiliser les nouveaux outils et de développer une expertise complémentaire.

La question essentielle devient alors : le jeune est-il réellement intéressé par le domaine, par les problèmes qu’il permet de résoudre et par les apprentissages qu’il demande ?

Choisir une voie uniquement parce qu’elle semble protégée de l’IA serait aussi fragile que choisir un métier uniquement pour son salaire ou son prestige.

Un métier n’est pas encore un projet d’orientation

Dire « je veux devenir psychologue », « je veux travailler dans le marketing » ou « je veux être ingénieur » constitue une première idée. Mais ce n’est pas encore un projet complet.

Deux jeunes attirés par le même métier peuvent rechercher des vies professionnelles très différentes.

L’un aura besoin de contacts humains, de mouvement et d’un sentiment d’utilité. L’autre recherchera davantage d’autonomie, de créativité et de calme. Certains auront besoin de sécurité et d’un cadre clair. D’autres seront stimulés par la variété, le défi ou la possibilité de construire leurs propres projets.

Une orientation solide doit donc aller au-delà du métier envisagé.

Elle doit aider le jeune à comprendre ce qu’il aime faire, ce qui lui donne de l’énergie, les talents qu’il utilise naturellement, les besoins qu’il devra respecter et les environnements dans lesquels il pourra s’épanouir.

Ces repères resteront utiles même si le métier choisi évolue.

Un jeune qui sait qu’il aime transmettre, comprendre les autres et résoudre des problèmes humains pourra retrouver ces dimensions dans plusieurs professions. Si une première piste devient moins pertinente, il ne repartira pas de zéro. Il disposera d’une direction plus large pour explorer d’autres possibilités.

Choisir ses études avec l’IA : comment décider sans céder à la peur ?

Comment vérifier qu’une formation prépare encore au monde de demain ?

Le choix des études ne doit pas reposer uniquement sur l’image du métier final.

Il est important d’examiner le contenu réel de la formation. Les cours proposés donnent-ils envie ? Quelle place est accordée aux projets, aux stages et à la pratique ? La formation développe-t-elle l’esprit critique, la capacité à résoudre des problèmes et l’autonomie ? Apprend-elle aux étudiants à utiliser les nouveaux outils de manière intelligente et responsable ?

En Fédération Wallonie-Bruxelles, le portail officiel Mes Études permet de rechercher les formations supérieures, de comparer les domaines d’études et de consulter les informations relatives aux établissements.

Une formation intéressante ne transmet pas seulement des connaissances techniques. Elle apprend aussi à réfléchir, à collaborer, à rechercher de l’information, à présenter une idée et à continuer d’apprendre.

Les journées portes ouvertes sont particulièrement utiles pour poser ces questions. Le jeune peut également échanger avec des étudiants, des diplômés ou des professionnels du secteur.

Il peut leur demander comment le métier évolue, comment ils utilisent l’IA dans leur quotidien et quelles compétences deviennent plus importantes.

Ces rencontres ne permettent pas de prédire parfaitement l’avenir. Elles donnent cependant une vision beaucoup plus réaliste que les fiches métiers ou les vidéos très générales trouvées sur Internet.

Quelles compétences développer face à l’intelligence artificielle ?

Les jeunes devront probablement apprendre à utiliser l’IA dans de nombreux secteurs. L’éviter complètement ne semble donc pas être une stratégie durable.

Mais savoir rédiger un bon prompt ou utiliser un logiciel ne suffira pas.

Il faudra aussi apprendre à vérifier les informations produites, à détecter les erreurs, à comprendre les limites des outils et à garder son propre jugement.

La curiosité, la créativité, la capacité d’adaptation et l’esprit critique prendront une place importante. Il en va de même pour la communication, la collaboration, l’intelligence émotionnelle et la capacité à comprendre les besoins d’une autre personne.

Le Future of Jobs Report 2025 souligne lui aussi que les compétences liées à l’IA et aux données progresseront rapidement, mais que la pensée créative, la résilience, la flexibilité, la curiosité et l’apprentissage continu resteront essentiels.

Ces compétences ne s’apprennent pas uniquement dans un cours. Elles se développent aussi à travers les projets, les expériences, les engagements, les rencontres et les activités extrascolaires.

Un jeune qui organise un événement, s’engage dans une association, crée un projet personnel ou travaille dans une équipe développe déjà des ressources qui pourront lui être utiles dans différents métiers.

La compétence la plus importante sera peut-être la capacité à continuer d’apprendre lorsque le monde professionnel change.

Les études choisies aujourd’hui ne décident pas de toute une vie

Beaucoup de jeunes vivent leur choix d’études comme une décision définitive.

Ils ont parfois l’impression qu’une erreur à 18 ans déterminera tout le reste de leur vie professionnelle. Cette pression peut rendre le choix encore plus difficile.

Lorsque cette inquiétude s’accompagne d’une perte de motivation, d’un manque de confiance ou d’un stress important dans les études, un coaching scolaire et universitaire peut également aider le jeune à retrouver des repères et à devenir davantage acteur de son parcours.

Les études sont importantes, mais elles ne ferment pas toutes les autres possibilités. De nombreuses personnes se spécialisent, complètent leur formation, changent de secteur ou exercent plus tard une activité différente de celle qu’elles avaient imaginée.

Une réorientation n’est pas toujours un échec. Elle peut être le résultat d’une meilleure connaissance de soi et d’une expérience qui a permis de comprendre ce qui ne convient pas.

Il est donc préférable de choisir une formation suffisamment cohérente avec ce que le jeune est aujourd’hui, tout en vérifiant qu’elle lui permettra de développer des compétences utiles dans plusieurs contextes.

Il n’existe pas de choix totalement sans risque. Il existe en revanche des choix mieux réfléchis, mieux informés et plus alignés.

Comment les parents peuvent-ils aider sans augmenter l’angoisse ?

Les parents sont eux aussi confrontés à l’incertitude. Ils souhaitent naturellement que leur enfant choisisse une voie qui lui offrira des possibilités d’emploi et une certaine sécurité.

Mais leur inquiétude peut parfois renforcer celle du jeune.

Répéter qu’un secteur est bouché, qu’un métier va disparaître ou qu’une formation n’offre aucune garantie ne permet pas toujours d’avancer. Cela peut conduire le jeune à renoncer à une piste sans l’avoir réellement explorée ou à choisir uniquement en fonction de la peur.

Les parents peuvent davantage l’aider en lui posant des questions ouvertes.

Qu’est-ce qui t’attire dans cette voie ? Qu’aimerais-tu découvrir lors d’une journée portes ouvertes ? Quels professionnels pourrais-tu rencontrer ? Quelles parties du métier pourraient évoluer avec l’IA ? Quelles compétences aimerais-tu développer pendant tes études ?

L’objectif n’est pas d’ignorer le marché de l’emploi. Il s’agit d’examiner la réalité sans laisser l’angoisse décider à la place du jeune.

Les parents peuvent aussi partager leurs préoccupations avec honnêteté, tout en acceptant que leur enfant construise un projet différent de celui qu’ils auraient choisi pour lui.

L’intelligence artificielle peut-elle aider un jeune à s’orienter ?

L’IA peut être utile pour découvrir des formations, comparer des programmes, rechercher des métiers ou préparer des questions à poser à un professionnel.

Elle peut également faire apparaître des secteurs auxquels le jeune n’avait pas pensé.

Mais elle travaille uniquement à partir des informations qui lui sont données. Elle ne connaît pas toujours les hésitations, les contradictions ou les peurs qui se cachent derrière une réponse.

Un jeune peut dire qu’il aime les sciences parce qu’il y obtient de bons résultats, tout en n’ayant aucune envie d’en faire son avenir. Il peut écarter un métier qui l’attire réellement parce qu’il manque de confiance en lui. Il peut aussi formuler un choix pour rassurer ses parents.

Une intelligence artificielle peut proposer des pistes. Elle ne peut pas déterminer ce qui donnera du sens à la vie d’une personne.

Ses réponses doivent donc rester des hypothèses à vérifier, et non des décisions à suivre aveuglément.

Quand demander l’aide d’un coach d’orientation ?

Certains jeunes disposent déjà d’une idée claire et savent organiser seuls leurs recherches. D’autres tournent en rond, hésitent entre trop de possibilités ou ne trouvent aucune piste qui leur donne envie.

Cette difficulté est particulièrement fréquente chez certains jeunes multipotentiels ou au fonctionnement atypique, qui peuvent être attirés par de nombreux domaines sans parvenir à en privilégier un. Découvrez notre approche du coaching des jeunes à haut potentiel, hypersensibles ou multipotentiels

Un coaching d’orientation peut être utile lorsque les discussions en famille deviennent difficiles, lorsque le jeune ressent une forte peur de se tromper ou lorsqu’il ne parvient plus à distinguer ses propres envies des attentes extérieures.

Découvrez comment se déroule notre coaching d’orientation scolaire en six séances

Le coach ne choisit pas à sa place. Il ne lui remet pas simplement le résultat d’un test accompagné d’une liste de métiers.

Il l’aide à mieux comprendre ses valeurs, ses talents, ses ressources, ses besoins et ses aspirations. Il l’amène ensuite à faire émerger plusieurs possibilités, à les comparer et à les confronter à la réalité des études et des professions.

Face à l’intelligence artificielle, ce travail devient encore plus important. L’objectif n’est plus seulement de trouver une profession qui correspond au jeune aujourd’hui. Il est de construire un projet suffisamment personnel et suffisamment ouvert pour pouvoir évoluer.

Choisir une direction plutôt qu’un avenir figé

Chez Coaching & Découvertes, nous ne promettons pas aux jeunes de trouver un métier qui restera inchangé pendant toute leur vie.

Personne ne peut faire cette promesse.

Nous les aidons à construire un projet plus large que le nom d’une profession. Un projet fondé sur ce qui les anime, les talents qu’ils souhaitent utiliser, les besoins qu’ils doivent respecter et la contribution qu’ils aimeraient apporter.

Ils explorent ensuite différentes pistes, les confrontent au monde réel et apprennent à faire un choix plus conscient.

L’intelligence artificielle change les métiers. Elle ne supprime pas la nécessité de se connaître, de choisir et de donner du sens à son parcours.

Une bonne orientation ne consiste pas à deviner parfaitement le futur. Elle permet au jeune d’y avancer avec des repères suffisamment solides pour apprendre, choisir et évoluer.

Marc Breugelmans - Coach Autres Potentiels®
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